La réponse est simple : l'efficacité.
La route de glace réduit les distances de transport et constitue la solution la plus économique pour accéder aux îles de l'archipel. La construction de routes permanentes pendant l'été serait nettement plus coûteuse. Les barges peuvent parfois offrir des coûts d'installation moins élevés, mais les coûts de transport par mètre cube sont plus élevés.
Le volume d'exploitation sur l'île est estimé à environ 8 000 mètres cubes.
La construction d'une route de glace exige un timing précis et un équipement adapté.
« Je perce des trous dans la glace et j'utilise des pompes d'injection qui déversent environ 3,5 mètres cubes d'eau par minute, soit à peu près l'équivalent de 20 baignoires par minute. L'eau se répand à la surface et augmente progressivement l'épaisseur de la glace. »Les travaux commencent généralement à la mi-décembre, lorsque l'épaisseur de la glace atteint environ 20 centimètres et que la neige s'est tassée.
Lorsque l'épaisseur de la glace atteint environ 85 centimètres, les engins forestiers peuvent être amenés sur la glace. Pour supporter en toute sécurité des camions de bois pouvant peser jusqu'à 74 tonnes, il faut une épaisseur de glace d'environ 1,2 mètre.
La planification est la clé du succès
La construction en elle-même est rarement le plus grand défi ; c'est la planification qui l'est.
Le choix de l'itinéraire est crucial. Le chemin le plus court n'est pas toujours le plus sûr, car l'eau en mouvement sous la glace peut l'affaiblir par le dessous.
La planification s'appuie sur l'imagerie satellite, les cartes de la glace et l'expertise locale. Les zones où la glace se brise en premier au printemps sont généralement les points les plus fragiles, ce qui rend les connaissances locales inestimables.
Les marges de sécurité ne sont pas négociables.
« Aucun engin n'est envoyé sur la glace sans que nous ayons pleinement confiance dans les conditions. Le premier conducteur se montre souvent prudent, ce qui est tout à fait compréhensible, mais nous ne prenons jamais de risques inutiles. Les camions de transport de bois circulent dans le respect de limites strictes en matière de vitesse et de charge. »
Certains hivers, il faut procéder à l'arrosage de la route pendant plusieurs jours pour achever les travaux. La capacité de charge peut également devoir être ajustée en fonction des conditions.
Une fois les engins arrivés sur le site, les opérations se déroulent comme pour n’importe quel projet d’exploitation hivernale. La différence réside dans le transport.
« Pour nous, c’est le train-train habituel une fois sur place. La seule différence, c’est la manière dont nous nous y rendons. Tous les engins utilisés ici sont des Komatsu. »
Préserver le savoir pour l'avenir
Pour Göran, préserver le savoir-faire nécessaire à la construction de routes sur glace est tout aussi important que la réalisation du projet lui-même.
« C'est une tradition qui était autrefois courante. Aujourd'hui, elle est moins répandue, mais elle reste un moyen efficace de tirer parti de la saison hivernale dans le nord de la Suède. J'espère transmettre ce savoir-faire à la prochaine génération. »
A propos de Skog Mark Hav AB
Basée près de Kalix et active dans tout le nord de la Suède, la société Skog Mark Hav AB (SMHAB) propose des services de sous-traitance dans le cadre de projets forestiers, terrestres et maritimes. L'entreprise est spécialisée dans la construction de ponts et les solutions sur mesure, tout en menant des opérations forestières avec ses propres engins Komatsu, des travaux de terrassement, des projets maritimes et des services de conseil.